L’intervention de l’armée française en janvier 2013 a ramené le Mali sur nos écrans radar. Jusque-là, qui se souciait de cette société aux apparences démocratiques, pourtant gangrenée par une corruption endémique, le clientélisme, des trafics en tous genres ? Un pays au cœur de l’Afrique noire et aux portes de l’Europe… happé par la mouvance islamiste. Si l’action militaire a permis de repousser les djihadistes, l’insécurité gagne du terrain et risque de déstabiliser une bonne partie de l’Ouest africain. En ce sens, le cas malien ne peut être compris qu’en le replaçant dans son contexte régional.

Le présent ouvrage s’inscrit dans cette « vision sans frontières ». Les auteurs – tous des chercheurs, avec une expérience de terrain – nous replongent dans le passé, s’intéressent aux Touaregs du Niger et leurs migrations, à l’enracinement de la criminalité d’Etat et aux mouvements islamistes au Mali, aux populations nomades du Sahel… D’autres chapitres analysent la politique extérieure de l’Algérie, les politiques de sécurité américaine et européenne, ou encore une expérience originale en Mauritanie : la repentance chez les djihadistes. Un dernier texte est enfin consacré à la question qui s’impose après les récents soubresauts : comment imaginer revivre ensemble ?

Le Sahel ne doit pas retomber dans l’oubli ! Puisse ce livre y contribuer car la situation préoccupante au Mali, ce n’est ni plus ni moins qu’une crise politique majeure de notre temps…

Les auteurs : Laurence Aïda Ammour, chercheure associée à l’Institut d’études politiques de Bordeaux et au CIDOB (Barcelone) ; Georges Berghezan, chercheur au GRIP ; Ferdaous Bouhlel, membre de l’Équipe Monde arabe et Méditerranée de l’Université de Tours ; Frédéric Deycard, chercheur au Centre d’études de l’Afrique noire (Bordeaux) ; Charles Grémont dirige des travaux à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) de Marseille ; Bérangère Rouppert (coordinatrice), chercheure au GRIP ; Antonin Tisseron, chercheur associé à l’Institut Thomas More (Paris).

Préface de Louis Michel, ministre d’État, député européen, chef de la Mission d’observation électorale de l’UE au Mali.

Crédit photo: ONU/Albert Gonzalez Farran