1 novembre 2020

DOSSIER ÉLECTIONS EN RDC: portraits et éclairages thématiques

À quelques semaines de la date symbolique du 19 décembre 2016, le GRIP estime opportun de donner un coup de projecteur sur la République démocratique du Congo. Chaque semaine, jusqu’en janvier, nos chercheurs et analystes vous proposeront un suivi de l’actualité ainsi qu’un éclairage sur les enjeux politiques, sécuritaires, économiques induits par le « glissement » des élections, et un portrait des acteurs clés de ce processus électoral. Autant d’informations qui permettront de prendre le pouls d’un pays avide comme jamais de changement, de développement et de perspectives d’avenir.

Le 20 décembre 2016, la République démocratique du Congo devrait connaître le nom de son nouveau Président. Il n’en sera rien. Violée ou mal interprétée – les avis divergent –, la Constitution congolaise n’a pu, comme elle l’aurait dû, jouer un rôle arbitral sans équivoque dans le processus électoral conduisant à l’élection présidentielle de 2016.

Et pourtant, le moment aurait pu être historique.

Après de premières élections relativement libres et démocratiques en 2006, suivies d’un deuxième scrutin présidentiel en 2011 au résultat contesté, le départ du président Joseph Kabila au terme de ses deux mandats aurait pu être un signal démocratique fort, adressé non seulement à son successeur mais aussi aux nombreux autres chefs d’État africains concernés par une échéance constitutionnelle.

Au contraire, l’acharnement de Joseph Kabila et de son entourage a brisé net l’élan de démocratisation et l’espoir d’un peuple de savourer pleinement les avancées démocratiques de son pays. Descendu une première fois dans la rue le 19 janvier 2015 pour manifester contre la réforme de la loi électorale, il a réitéré avec conviction son désir de changement les 19 et 20 septembre 2016 à Kinshasa et d’autres villes du pays. Cet appel citoyen au respect de l’ordre constitutionnel a été brutalement réprimé causant la mort de nombreux manifestants, 17 selon le pouvoir, 53 selon un rapport des Nations unies paru le 21 octobre.

Ce non-respect de la Constitution est bien évidemment dénoncé par l’opposition, qui peine toutefois à s’organiser face aux multiples « pièges » tendus par Joseph Kabila.

G7, Dynamique, Rassemblement … Derrière ces appellations et cette symbolique, l’opposition apparaît divisée et, à quelques semaines de la date fatidique du 19 décembre 2016, ne pourra se présenter unie face au président Kabila.

Le report incessant des élections met aussi à l’épreuve la communauté internationale.  Tout comme le peuple congolais, pourra-t-elle se satisfaire longtemps des seules promesses de Joseph Kabila ? Après tant d’années d’assistance financière, pourra-t-elle encore justifier longtemps son appui à un régime qui, d’un côté, postpose l’organisation d’un scrutin entre autres pour des raisons financières et, d’un autre côté, semble détourner massivement l’argent prévu pour ce même processus électoral ?

De son côté, à mesure que la date du 19 décembre approche, une frange importante de la population congolaise affiche son aspiration à l’alternance, désabusée par l’incapacité des autorités à développer économiquement et socialement le pays.

Les idées citoyennes, prônées entre autres par les mouvements Filimbi et La Lucha, traduisent cette frustration.

Le sentiment de pouvoir être les artisans du changement et les acteurs de l’histoire est très présent dans l’esprit d’une grande majorité de Congolais. Pour eux, si l’on en croit le baromètre social dans les 26 provinces, la comédie politique a assez duré. Dans ce pays qui est l’un des plus riches pays d’Afrique, c’est à une vie digne qu’ils aspirent tous !

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